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forum Index du forum forumLe Commissariat De Police forumFax de chez Kendo : l'histoire des colts

Auteur : Sujet: Fax de chez Kendo : l'histoire des colts  Bas
 Lex Krauser
 Messages postés : 217
 je n'exagere rien... je
m'agnifie...
 Lex Krauser
  Posté le 01/04/2005 10:52:38
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Fax de chez Kendo: les colts  

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Origines
Le pistolet est apparu en tant qu'arme de cavalerie à la Renaissance. C'était alors essentiellement une version raccourcie du mousquet, conçue pour être utilisé d'une main à bout portant, l'autre étant occupée avec les rênes du cheval. Il était transporté par paire dans les fontes de la selle à cause de son poids. Ce mode d'emploi est resté le même jusqu'au XIXème siècle.

Duel au XIXème siècle
A cette époque, le pistolet a été utilisé entre gens de bonne société pour régler certains différents "sur le pré". Les caractéristiques de l'emploi de l'arme étaient les suivantes : tir à une main, un coup, pas le droit de bouger une fois celui-ci tiré, d'où silhouette effacée et départ du coup soigné. On en trouve une survivance, de nos jours, dans l'instruction au tir militaire de pratiquement toutes les armées du monde.

Duel au Far-West
L'apparition du premier revolver, le Colt "Paterson" en 1836, a changé l'approche de l'arme de poing. Pour la première fois, il était possible de disposer d'une arme capable de tirer rapidement plusieurs coups à la suite. Aux Etats-Unis en particulier, l'art du duel a évolué assez rapidement, mais pas dans le sens que nous illustrent les westerns.

Les duels à l'époque se pratiquaient plutôt en position de tir classique. Par ailleurs, beaucoup de règlement de comptes se passaient plutôt au fusil de chasse, en s'embusquant pour tirer sur l'adversaire dans le dos... Contrairement à l'image que le cinéma nous présente, l'arme était le plus souvent portée dans un holster fermé, voire dans les fontes de la selle, pour éviter que les intempéries ne mouillent la poudre et également empécher sa sa perte, car celle-ci était chère. Certains "pistoleros" développèrent néanmoins des techniques empiriques et un programme d'entraînement régulier, d'où l'origine de la légende.

L'arme de poing militaire jusqu'en 1914
L'arme de poing était dans toutes les armées européennes, soit un symbole d'autorité - l'arme des officiers et sous-officiers supérieurs - soit l'arme principale de la cavalerie. Les barbelés et la mitrailleuse ont fait disparaître la cavalerie. Les tireurs d'élite ont eux fait prendre aux officiers un fusil pour monter à l'assaut afin d'être moins reconnaissables.

L'arme de poing a été employée surtout dans les raids de tranchées (E. Jünger, "Orages d'Aciers"). Il était à la mode dans les Stosstruppen de monter à l'assaut avec une musette de grenades, une pelle et un pistolet. En effet, le fusil de l'époque était très long, environ 130 cm, et ne tirait pas assez vite (mouvement de charge après chaque coup). Il fallait une arme compacte et à grande puissance de feu pour les combats au corps à corps dans les tranchées.

Le pistolet était la meilleure arme pour remplir ce rôle. Des techniques empiriques furent certainement développées par les combattants des deux bords, mais ne furent jamais systématisées. L'apparition, dès 1918, de la mitraillette, l'arme idéale pour ce genre de travail, fit quelque peu oublier le pistolet comme arme de combat.

Les années 20, les premiers développement de la Police de Shangaï
Shangaï, spécialement dans sa concession internationale, était dans les années 30 une cité cosmopolite où la criminalité était importante. La rue était dominée par les gangs. Meurtres, viols, hold-up, enlèvements étaient monnaie courante. Les capitaines Fairbairn et Sykes, de la police de Shangaï, qui avaient constaté l'inefficacité des méthodes traditionnelles de tir à la cible pour l'engagement au combat, analysèrent des centaines de combats pour déterminer quels en étaient les paramètres. A partir de ces données, ils déterminèrent de nouvelles méthodes d'entraînement, dans lesquelles ils préconisaient entre autres le tir à très courte distance - 3 m -, le tir systématique de deux coups, l'emploi du pistolet plutôt que du revolver, la création artificielle du stress par l'engagement dans une maison aménagée pour le tir où le tireur était confronté à des cibles hostiles et non-hostiles avec son et lumière, le travail systématique des enrayages, le tir de nuit, la vérification de l'arme et des munitions, éléments que l'on retrouve dans la technique moderne.

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, Sykes et Fairbairn furent engagés comme instructeurs au centre d'instruction commando de l'armée britannique et enseignèrent leurs techniques, y compris l'usage de la "maison hantée" (Fun House"). Cependant, comme pendant la première guerre mondiale, les techniques pratiques d'utilisation du pistolet restèrent essentiellement l'apanage de troupes spéciales. Ces techniques ont continué à être utilisées dans l'armée britannique, plus particulièrement chez les SAS, et ont peu à peu évolué pour rejoindre dans les années 80 la mouvance principale du tir de combat. Les armées françaises et belges, entre autres, ont gardé encore des traces de ce système -tir au jeté, tir au jugé -, mais en dénaturant complètement leur finalité. En effet, ce genre de tir, destiné à être utilisé à une distance inférieure à 3 mètres, se pratique à 15 et 25 mètres...

Les années 30 et le développement du système FBI
Dans les années 30, le FBI, qui déplorait de nombreuses pertes d'agents du fait d'un armement et surtout d'une instruction inadéquate, envoya l'un de ses membres, Hank Sloan, suivre des cours avec les Marines. Ceux-ci étaient en effet les seuls à avoir gardé l'expérience du combat après 1918 de par leurs multiples engagements en Amérique du Sud.

A la suite de son stage, Sloan développa un système de tir basé sur le tir "instinctif" à 7 mètres, ainsi que sur une piste de tir (30 m couché, 25 m assis, 20 mètres barricade gauche et droite, 15 mètres à genou et debout, 10 mètres à une et deux mains...). Ce système apportait à l'époque une grande amélioration, et sauva probablement la vie à bon nombre de ses utilisateurs.

Il présente toutefois un côté "rituel" ("La Prière"), qui nuit à son efficacité :

- Le porteur de pistolet doit remplir son chargeur en cours de parcours au lieu de le changer, ce qui ne correspond à aucune réalité tactique (ce procédé avait été introduit à l'origine pour ne pas désavantager les porteurs de revolver qui ont besoin de plus de temps).

- Le tireur engage toujours une ou deux cibles bien visibles, dans le même ordre, depuis la même position (il lui faut donc au moins autant d'énergie pour mémoriser le parcours que pour se concentrer sur son tir).

- Les limites de temps sont trop longues, le tireur peut se dépêcher au maximum pour courir entre les postes et recharger rapidement. Cela lui permet permettre de prendre beaucoup de temps pour assurer les touchés : il n'y a pas de bonification pour un temps plus court.

- Le dégainage avec étui fermé et l'utilisation de la double action ne sont pas obligatoires, ce qui ne correspond pas à la réalité. Dans la réalité, le tireur porte son arme dans un étui fermé, sous peine de la perdre. La seconde supplémentaire perdue pour armer le chien peut être décisive, surtout à courte distance.

- Il existe un grand nombre de positions (6 au total) qui ne sont ni confortables ni naturelles.

- La technique de combat, les enrayages, changements de chargeurs, etc... ne sont pas instruits.

Comme dans toutes les armées et les grandes administrations du monde, l'entraînement est conditionné par un règlement qui souvent étouffe les initiatives susceptibles d'apporter une amélioration. Trente ans après, le FBI entrainaît toujours ses agents selon la même méthode.

Celle-ci arriva en Europe dans les années 60 avec un certain Sasia. Raymond Sasia, professeur de judo et chargé à ce titre de la protection rapprochée du Général de Gaulle, avait été envoyé étudier les méthodes du FBI à l'académie de tir de Quantico, en Virginie. Il revint en France avec un diplôme et créa à Paris une école de tir (le CNT) qui enseigna à des moniteurs, français d'abord, étrangers ensuite. Ceux-ci, rentrant au pays, formaient à leur tour de nouveaux moniteurs. La méthode "Sasia" était née.

Cette méthode fut introduite dans l'armée au cours des années 70 par des instructeurs qui avaient suivi des cours avec la Police de Genève. Toutefois, l'instruction à une distance inférieure à 15 mètres n'a pas été retenue, vraisemblablement pour des raisons de sécurité et d'économie de munition. Le problème est que 95% des engagements du pistolet ont lieu à une distance inférieure à 15 mètres. Cette méthode, simplifiée, avait donc plus de 40 ans au moment de son introduction.

Les débuts du Practical Shooting (Jeff Cooper, American Pistol Institute)
Parallèlement, dans les années 60, se développa en Californie une nouvelle forme de tir, le "Practical Shooting". Un certain Jeff Cooper, Lieutenant-Colonel en retraite des Marines, avait compris que seule la compétition sans contraintes pouvait apporter des améliorations dans un sport. Le tir avait toujours été régi par des règlements stricts. Le tir à une main, la position, la distance, étaient des tabous que nul n'aurait osé transgresser. C'est pourtant ce que fit Cooper et quelques amis. Il imagina un tir nouveau, avec des cibles variées, placées à des distances différentes, et qu'il fallait toucher en commençant avec l'arme à l'étui. Les seuls impératifs étaient la sécurité dans la manipulation des armes. Le port, le dégainage et le tir étaient libres. De ces compétitions est née une position mondialement adoptée, la "Weawer Stance", du nom de son inventeur, ainsi que des méthodes de rechargement rapide, des améliorations dans le domaine des étuis, porte-chargeurs et autres équipements.

Cooper eut l'idée de rassembler toutes ces innovations en matière de tir et commença à les enseigner dès 1969 en Californie, puis dès 1976 dans son ranch de tir de Gunsite, en Arizona. Lorsque certains s'étonnèrent que le FBI/Forces de Police/Armée ne suivaient pas cette façon de tirer, il répondait :

"Chez les Marines, le règlement prévoit qu'un Marine doit savoir nager la brasse. S'il nage le crawl, il doit être considéré comme ne sachant pas nager. Tout ce qui est obligé de suivre un règlement ne peut pas s'améliorer. C'est ce qui sclérose l'administration et l'armée. D'autre part, trop souvent, ceux qui décident d'un matériel ou d'un règlement ne sont pas ceux qui devront s'en servir".

Cooper fit du tir pratique ce qu'il est aujourd'hui. A Columbia, en 1976, l'"International Practical Shooting Confederation" fut fondée sous son patronage. Les améliorations en matière de tir et d'équipement continuent et le tir pratique en tant que sport est maintenant répandu dans le monde entier.

Certains crurent avoir trouvé dans ce sport une méthode de tir valable pour la police et l'armée. En effet, la position de tir, très stable, est toujours la même quelque soit la distance. Elle facilite ainsi le tir et augmente la précision. Le dégainage est rapide car sans profusion de gestes inutiles. Néanmoins, toutes les autres obligations du tir pratique, essentiellement être le plus rapide possible (les points obtenus sont divisés par le temps et celui qui obtient le plus haut facteur gagne) conduisent à des aberrations : étuis découpés, compensateurs de recul, visées sophistiquées, munitions sous-chargées pour limiter le recul; et surtout à des réflexes contraires à la survie au combat.

Taylor
Cet aspect du problème sauta aux yeux d'un jeune capitaine de Rangers, Chuck Taylor. Taylor combattit au Vietnam comme chef de section, puis comme commandant d'une compagnie. A cette occasion, il fut blessé quatre fois en combat rapproché à l'arme légère au cours de 18 mois d'opérations sur le terrain.

Selon lui, c'est une instruction déficiente qui était la cause de ces blessures. En effet, à chaque fois, il aurait pu l'éviter s'il avait mieux su utiliser son arme en condition de combat.

De retour aux Etats-Unis, il effectua des recherches approfondies pour apporter des améliorations aux méthodes de tir et d'instruction au tir de combat. Il fit partie de l'équipe américaine de tir pratique pour les championnats du monde et dénonça le danger que pouvait courir un adepte du tir pratique s'il se comportait au combat comme lors d'un parcours de compétition.

Chuck Taylor travailla chez Jeff Cooper comme Chef des Opérations, à Gunsite, en 1979 et 1980 quand celui-ci commença à se distancer de l'IPSC. En 1980, suite à des divergences "idéologiques" avec Cooper, il fonda sa propre école de tir : l'American Small Arms Academy (ASAA), où il donne des cours destinés aux membres des forces de police et des forces armées. Leurs divergences proviennent essentiellement du choc de deux fortes personnalités, au caractère bien tranché...

Cette méthode de tir est utilisée depuis quelques années par différents corps constitués, police ou armée, entre autres:
- United States Marine Corps (1985)

- US Navy SEALS (1986)

- US Special Forces (1990)

- US Air Force Pararescue (1988)

- Drug Enforcement Agency (DEA) (1987)

- FBI (1980)

- Los Angeles Police Department (LAPD) (1984)

- San Diego PD (1985)

- Minneapolis PD (1986)

- Detroit PD (1985)

- Arizona State Police Academy (1983)

- Escadron Spécial d'Intervention (Belgique) (1985)

- Police Nationale (France) dans une version modifiée (1988)

Un point intéressant à noter est que la majorité des utilisateurs employaient au préalable la méthode FBI, c'est-à-dire une piste de combat pistolet similaire à la nôtre. Tous ont changé pour gagner du temps, des munitions, ainsi que de l'efficacité et de la simplicité lors de l'engagement. Un autre avantage du système Taylor est la similitude des manipulations et de la mécanique du tir avec toutes les armes (arme de poing, fusil, mitraillette, fusil de police).

Chuck Taylor n'a jamais eu un de ses élèves tué au combat depuis qu'il enseigne. Il est crédité d'avoir sauvé au moins une cinquantaine de vies de policiers ou de militaires avec sa méthode, y compris la sienne.

Instruction en Europe et en Suisse
La méthode Taylor fut introduite en Suisse par un groupe d'officiers, déçus de l'instruction déficiente reçue à l'école d'officier. L'un d'entre eux, constatant qu'avec 80 cartouches tirées à une main sur une cible olympique il n'était guère apte à se défendre, chercha à se perfectionner et prit contact avec le responsable européen de Chuck Taylor, qu'il avait appris à connaître à travers ses publications dans la revue AMI (aujourd'hui, Fire !).

L'ASAA disposait en effet depuis 1984 en Belgique d'un représentant, Roger Swaelens, Chef-Instructeur de la Belgian Law Enforcement Agency, société qui s'occupe de la formation des forces de l'ordre et des professionnels de la sécurité. Roger Swaelens, responsable de l'ASAA pour l'Europe, vint donner un premier cours en Suisse en 1987. Le premier groupe de tireurs ainsi formé donna naissance à la SMTP (Société Militaire de Tir au Pistolet), qui commença un long travail de "sape" pour convaincre peu à peu des tireurs d'adopter ce système.

L'ASAA ou la BLEA peuvent instruire un tireur moyen au niveau "Basic" en environ deux jours et 250 cartouches, au niveau "Intermediate" et/ou "Advanced" en deux jours et 350 cartouches supplémentaires, selon l'habileté du tireur.

Différents essais conduits entre 1987 et 1992 dans un cadre hors service avec un total d'environ 300 tireurs (dont la moitié n'avaient jamais tiré au pistolet auparavant) ont prouvé qu'il est possible d'obtenir des résultats similaires, que ce soit dans le cadre de la SMTP ou des cours de l'ASSO (Association Suisse des Sous-Officiers), Association qui contribue à la diffusion de ce système.

Pour tenir compte des particularités du système d'enseignement (cours d'un jour pour non-professionnels) un niveau d'instruction supplémentaire a été créé : le niveau 1, "familiarisation". Cette méthode est facilement assimilable par des miliciens et permet d'obtenir de meilleurs résultats que la méthode conventionnelle, avec moins de temps et de munition. L'instruction est également grandement simplifiée du fait de sa construction "modulaire", c'est-à-dire une combinaison de drills simples. Le pourcentage de réussite aux tests est supérieur à 80 %.

Chaque année depuis 1988, les instructeurs du premier groupe ont suivi des cours de recyclage ou de perfectionnement, en Suisse, en Belgique et aux Etats-Unis, afin de se tenir au courant des derniers développement de la méthode. En effet, au contraire de bien d'autres, ce système est évolutif, c'est à dire que si une solution plus simple, plus efficace ou plus logique est trouvée pour résoudre un problème, elle est rapidement adoptée.

En 1991, un nouveau groupe s'est formé, DEFENDA, qui s'occupe d'une diffusion plus large des techniques de Chuck Taylor et de Roger Swaelens, notamment par la publication de manuels d'instruction, l'organisation de cours, notamment au profit de l'ASSO, de certains corps de police, certaines unités de l'armée et du Corps des Garde-Frontières, lequel recycle actuellement ses 1800 agents à ce nouveau système de tir.

En 1993, une démonstration eut lieu au profit du Chef d'Arme de l'Infanterie, ce qui conduisit à un essai à grande échelle dans une école de recrues et deux écoles d'officiers. Au vu des résultats de ces essais, l'infanterie organise un premier cours pour instructeurs à l'école de tir de Walenstadt.

En 1994, le Chef de l'Instruction autorise cette instruction, rebaptisée NTTC pour Nouvelle Technique de Tir de Combat, pour l'infanterie territoriale pour un essai à très grande échelle en 1995 et 1996. Dès 1997, le solde de l'armée est reconverti à cette nouvelle méthode.

--Message edité par Lex Krauser le 2005-04-01 10:55:49--

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